Auteures: Sandra Suter et Céline Mury
Si l’enseignant·e occupe une place centrale dans l’accompagnement de l’élève endeuillé·e, son rôle demeure peu soutenu par des repères institutionnels clairs, la mort et le deuil restant des thématiques peu abordées en milieu scolaire, ainsi que dans la formation initiale et continue. Ce mémoire s’intéresse ainsi à l’expérience des enseignant·es du secondaire 1 ayant accompagné un·e élève endeuillé·e, en cherchant à répondre à la question suivante : comment ces enseignant·es décrivent-ils·elles leur expérience professionnelle, les difficultés et ressources rencontrées, leurs besoins ainsi que la collaboration avec les différent·es acteur·ices scolaires ? Cette recherche qualitative s’appuie sur sept entretiens semi-directifs menés auprès de professionnel·les (enseignant·es, direction, décanat, médiation et infirmerie scolaire) d’un établissement vaudois.
Les résultats montrent que l’accompagnement ne repose pas sur une manière unique d’agir. Les enseignant·es s’appuient en particulier sur leurs ressources personnelles et leur expérience sans que celles-ci ne fassent pour autant disparaître les incertitudes rencontrées. La collaboration avec les autres professionnel·les représente également un soutien, même si les échanges et la coordination peuvent varier selon les situations. Les résultats font finalement ressortir le besoin d’une meilleure préparation, notamment à travers des repères pratiques et, dans certains cas, un appui face à la charge émotionnelle. Dans l’ensemble, cette recherche met en évidence une expérience professionnelle qui mobilise, à la fois, les ressources propres aux enseignant·es, les repères dont ils·elles disposent et les soutiens auxquels ils·elles peuvent faire appel. Elle souligne également l’importance d’une posture attentive et ajustée aux besoins de l’élève dans le respect du rôle et des limites professionnelles de l’enseignant·e.